L’opération imaginée et organisée par notre association partenaire en Corse, l’association Corsican Blue Project, assistée de l’association Water Family du Flocon à la Vague, vient de se terminer.

Réalisée dans le cadre de la Corsica Classic, Course de navire d’époque autour de la Corse, cette opération avait pour but détecter et de mesurer la présence de micro déchets plastiques dans l’espace maritime de la réserve naturelle marine du Cap Corse et en collaboration étroite avec l’agence française pour la biodiversité établissement public sous tutelle du ministère de la Transition écologique et solidaire chargée de la gestion du parc.

Les observations ont été réalisées à plusieurs niveau d’investigation :

En surface : avec une série de huit opérations de chalutage de surface. Ces chalutages ont été réalisées à l’aide d’un chalut de type Manta Trawl, mis à la disposition par la Fondation Ocean Clean Up. Ce chalut flottant permet de pièger dans son filet à petite mailles (de l’ordre d’un tiers de millimètre) toutes les particules de plastique flottant à la surface.

8 traits de collecte ont été réalisés pendant 30 mn chacun à une vitesse de 2,5 noeuds. Des variations de courant pouvant localement influencer la route au sol.
En surface également avec le balayage de deux zones à l’est et à l’ouest du Cap Corse, et des prélèvements effectués manuellement… à l’épuisette.
Sur le fond de la mer, avec deux opérations de plongée réalisées également de part et d’autres du Cap. Ces plongées réalisées par des plongeurs professionnels et apnéistes, ont permis de remonter à la surface de nombreux objets dont 3 pneus automobile et …un pneu d’avion !
Enfin à terre, ou nous avons mené pas moins de 4 opérations de collecte à terre pour identification des différentes sources de pollution par le plastique sur la partie littorale du parc, notamment sur celles inaccessibles par la route.
Les Déchets ainsi collectés ont été rapatriés sur Saint Florent sur le village de la Corsica Classic, où ils sont été présentés, exposés et commentés.

En dehors des micro déchets, dont nous ignorons encore la quantité et la nature, étant actuellement dans les mains du laboratoire Stareso, les observations sont assez variées. En surface, de l’emballage, de l’emballage et encore de l’emballage. Les plus anciens identifiables proviennent souvent d’Italie.

Les plus récents proviennent de l’activité touristique (bouteilles d’eau minérale, ballons de baudruche) ou professionnelles (cagettes de polystyrène).
Les objets trouvés au fonds proviennent clairement de négligences volontaires…
Enfin, à terre, les déchets les plus anciens, souvent de petite tailles car fragmentés, sont de nature inconnue, mais ils ont séjourné longtemps en mer et la suspicion de courants à saisonnalité régulière en sont la source.
Sur les zones à possible fréquentation touristique, le filtre de cigarette est toujours roi.
Cette opération fut l’occasion de sensibiliser les équipages de la course à la voile Corsica Classic aux conséquences des éventuelles négligences de bord sur le milieu marin.

Ce fut aussi l’occasion de discuter avec les élus locaux sur les difficultés mais de la nécessité impérative de gérer les déchets du littoral. Leur non gestion ou mauvaise gestion étant catastrophique pour la faune océanique.

Cette action n’avait pas pour vocation de faire l’objet d’une « publication scientifique dans Nature ». Cependant les prélèvements ont été réalisés avec rigueur et devraient apporter leur lot d’informations sur l’état de l’eau autour du Cap.

Pour avoir observé de nombreux autres endroits, il est agréable de constater que la zone n’est pas l’une des plus polluée que j’ai pu observer, bien au contraire. Il n’en reste pas moins vrai que tout le plastique que nous y avons trouvé n’a rien à y faire.